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Section du parti-socialiste de Paris

Copé/Fillon ? Tous deux ont fait perdre la politique

Par • 20 nov, 2012 • Catégorie: Coup de coeur / coup de gueule des militants

Par Sarah Proust

Au premier abord, qui ne peut se moquer du spectacle désastreux d’une UMP déchirée et écartelée entre deux stratégies électorales ? Mais à y regarder de plus près, ce n’est pas seulement Fillon qui a perdu, ce n’est pas seulement la droite qui bascule, c’est la politique dans son ensemble qui va subir cette pièce de théâtre dramatique.

Les interventions des ténors de la droite peuvent prêter à sourire : on pense à Daubresse quand il explique qu’il n’y a pas eu plus de fraudes que « lors de législatives en temps normal », on pense à Debré lorsqu’il ose avouer que la « démocratie c’est pas facile et ça s’apprend ». Mais ce n’est pas seulement la droite qui sort abasourdie de cet épisode.
Quelle crédibilité le politique peut-il tirer de ce type d’événements ? Comment peut-on convaincre nos concitoyens que c’est l’intérêt général qui anime l’engagement des responsables politiques ? A dire vrai, les arguments ne manquent pas, mais ils sont si difficiles à devenir percutants. Les responsables politiques ce sont d’abord toutes ces femmes et tous ces hommes qui tous les jours agissent, mais le bruit de leur travail ne passent pas le mur du son face au vacarme des bulletins égarés, retrouvés, multipliés.
Plus grave encore, cette foire d’empoigne (comme d’autres dans le passé) montre combien les partis contemporains se structurent essentiellement sur la donne électorale en général et présidentielle en particulier. Si un parti, l’UMP en l’occurrence, était d’abord structuré sur une ligne politique, sur diverses orientations portées de manière intelligible et cohérente, une défaite électorale créerait certes une dépression majeure, mais pas l’événement du week-end dernier. Si les partis ne se structurent que sur l’échéance présidentielle, l’homme providentiel prend plus d’importance que l’orientation qu’une organisation doit défendre et proposer.
En 2008, après le désormais fameux congrès de Reims, c’est par le travail en commun, les nombreuses conventions nationales, la concentration sur le projet que le Parti socialiste a su se reconstruire. A cette époque là, nous étions encore bien loin de la primaire et son issue était imprévisible.
Et cela peut paraître paradoxal, mais je ne souhaite rien d’autre à l’UMP que de se construire autour d’un projet. Nous n’avons ni besoin d’une droite forte, ni d’une droite décomplexée, mais d’une droite tout simplement, assez solide pour structurer en partie la vie politique française et pour montrer la noblesse de l’engagement politique.

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