Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

DROITE – EXTREME-DROITE : UN DANGER POUR LA REPUBLIQUE

Par • 5 avr, 2011 • Catégorie: Coup de coeur / coup de gueule des militants

2011. Salon de l’Agriculture. Le Président Sarkozy parle des terroirs… et de l’Islam. Quel rapport ? Aucun. Mais cela rentre dans une campagne de com orchestrée depuis quelques temps par la majorité, visant à instaurer médiatiquement le nouveau « grand débat » sur la laïcité. Un débat que, quelques mois plus tôt, lançait Marine Le Pen. Avec le résultat que l’on sait.

L’extrême-droite au pouvoir

L’inquiétante popularité de Marine Le Pen et le bon score du Front National aux cantonales aidant, le spectre du 21 avril revient hanter les discours des commentateurs pour 2012. Pourtant, elle y perdrait au second tour comme son père dix ans plus tôt. Ce n’est donc pas (encore) ainsi que l’extrême-droite accédera au pouvoir. Mais il existe un autre moyen.

C’est  à partir de 2006 que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, a opéré un virage sécuritaire, durci la politique sur l’immigration et mis le feu aux poudres dans les banlieues. Il continue durant la campagne 2007, conseillé en cela par Patrick Buisson, un maurrassien proche de Jean-Marie Le Pen, avec le succès que l’on connait. Puis, une fois au pouvoir, Sarkozy et Buisson lancent leurs « grands débats » démagogiques, l’identité nationale en 2009, la déchéance de la nationalité et les Roms en 2010, et l’Islam cette année. Le but : pomper les voix du Front National.

Mais cela marche-t-il ? Un temps (en 2007), mais les derniers sondages sur Marine Le Pen et les cantonales prouvent que l’extrême-droite revient plus forte. Pire : l’exemple du débat sur l’Islam montre que désormais, ce n’est plus Sarkozy mais la nouvelle tête de file frontiste qui lance les débats, lui ne faisant que suivre. Et c’est toute une partie de la droite qui dérive : des députés de l’UMP acclament un Zemmour condamné ; un Hortefeux lui-même condamné reste encore longtemps en place ; des élus se décomplexent, les langues se délient (voir la dernière sortie de la députée Brunel sur les bâteaux d’immigrés) et beaucoup n’ont plus honte d’affirmer leur accord avec Marine Le Pen sur certains sujets sensibles, ou de refuser, lors des cantonales, tout front républicain pour battre le FN. Jusqu’où va-t-on ?

Marqué par un bilan calamiteux, au niveau social, en sécurité comme en affaires étrangères, Sarkozy, qui ne cherche que sa réélection et ne reculera devant rien pour l’obtenir, peinera à séduire à sa gauche comme en 2007. Bousculé par le Front National, poussé par l’aile droite de l’UMP dont le poids va croissant, il n’aura d’autre choix que la surenchère dans la droitisation et l’extrême-droitisation de son discours. L’extrême-droite n’a pas donc encore conquis le pouvoir, mais ses idées prolifèrent déjà dans la majorité. Mais une nouvelle escalade nous guette. Aux prochaines élections législatives, le clan sarkozyste pourra faire le constat qu’un certain nombre de sièges iront à la gauche sans une alliance entre la droite et l’extrême-droite. Nul doute qu’il n’hésitera pas à oser un rapprochement avec le FN s’il l’estime nécessaire. L’UMP n’a-t-elle pas réintégré les présidents de régions qui avaient pactisé avec le Front aux régionales de 1998 et que le RPR avait exclus ? Et les cantonales de 2011, où une bonne part de l’UMP, Sarkozy et Copé en tête, n’appelle pas au barrage contre l’extrême-droite en est un nouveau signe avant-coureur inquiétant. Pire, cette droite pourrait même conclure une alliance de gouvernement avec le FN si c’était le seul moyen de garder le pouvoir : cela s’est déjà vu dans d’autres pays d’Europe. Sur ce point, Sarkozy n’aura pas plus d’états d’âme que son ami Berlusconi.

La gauche au secours de la République

Le rapprochement entre une droite arriviste et l’extrême-droite, dans le discours aujourd’hui et peut-être aux responsabilités demain, représente une véritable menace pour les valeurs de notre République, telles que nous les a transmises le Conseil National de la Résistance. Les « grands débats » menés démagogiquement, dans le seul but de cliver et sans rien résoudre, détruisent peu à peu le tissu social sur lequel notre République se fonde. On ose revenir sur certains acquis sociaux pour les ménages franco-étrangers, ou sur l’égalité devant la nationalité. Pour contrer cette dérive, la seule alternative s’appelle la gauche. Mais elle ne sera efficace qu’à deux conditions. La première est d’avancer unie. Rappelons la triste conséquence de la dispersion des voix en 2002. Rappelons également qu’Hitler n’aurait pas gagné en 1933 si les socialistes et les communistes allemands avaient fait front commun. La deuxième condition est de gagner de nouveau le débat des idées. La gauche doit tenir un discours audible qui lui soit propre et qui soit également empreint de réalisme, ancré autant dans la vie des quartiers que dans les problématiques internationales du monde actuel (Europe, rapports Nord-Sud…), mais également fort de nos valeurs humanistes et républicaines.

Voilà pourquoi nous sommes un certain nombre de militants socialistes à réfléchir et à travailler sur ces questions d’immigration, d’intégration et de discriminations, à rencontrer les acteurs du terrain (élus locaux, associations…), à éplucher les directives européennes, à élaborer des propositions alternatives. Il existe sur ces sujets sensibles une autre approche que celle que la droite emprunte à l’extrême-droite. Il existe une autre voix qui ne cherche pas à détruire les valeurs de la République, mais veut la réinventer.
Elle ne demande qu’à être entendue.

Groupe IID

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Une Réponse »

  1. « Rappelons également qu’Hitler n’aurait pas gagné en 1933 si les socialistes et les communistes allemands avaient fait front commun. » …Et lors de la création de l’URSS, pouvez-nous rappeler combien de personnes physiques ont été éliminées par les communistes ?!!

    Hitler + Staline = même combat.

    Pour gagner les élections présidentielles, les socialistes devront également réaffirmer les valeurs de notre République. Certains le font, d’autres sont étrangement totalement silencieux. Rappelons pourtant que les socialistes ont mené à raison une lutte acharnée contre l’Église Catholique. Si certains hésitent à le faire aujourd’hui, c’est par pur clientélisme…

    Pour convaincre et gouverner, le PS devra tenir un discours réaliste sans tomber pour autant tomber dans les pièges tendus par la droite et l’extrême-droite. En cela, il m’apparaît comme nombre de français que DSK est le candidat tout désigné.

    Sarkozy est aujourd’hui très affaibli et perdra certainement les élections en 2012. Face à Marine Le Pen, DSK sera élu Président de la République. Cependant, il n’aura pas le droit à l’erreur car la sanction en 2017 pourrait être sans appel. Durant 5 années dans l’opposition, la droite classique se sera divisée en centristes proches du PS et extrémistes.

    C’est précisément à ce moment-là que la 5ème République risque de voler en éclats…

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