Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

Majid

Par • 1 fév, 2011 • Catégorie: Portraits
Majid Portrait publié dans l’Hebdo des Socialistes n°545.
Propos recueillis par Ariane Vincent.

Majid, aujourd’hui, a été régularisé et a publié un livre La Sardine du cannibale où il décrit ces années de lutte pour sa régularisation.

Majid Bâ
Militant, de Dakar à Paris

Il est loin le temps où Majid Bâ représentait les étudiants à la faculté de droit de Dakar, au sein d’une organisation de jeunesse que l’on pourrait comparer à l’Unef. Pourtant, c’est avec le même entrain qu’il milite aujourd’hui au Parti socialiste. Une adhésion récente, qui remonte à un peu moins de deux ans, mais une implication qui ne cesse de prendre de l’ampleur. En l’espace de quelques mois, Majid Bâ a ainsi réussi à monter un groupe de réflexion sur les thèmes de l’immigration, l’intégration et les discriminations, une structure dont il est fier.
« Ici, toutes les idées sont les bienvenues, il n’y a pas de tabous et c’est sans doute pour cette raison qu’on avance, explique-t-il. Le plus jeune des participants a à peine 20 ans ; le plus âgé, plus de 70 ans. Les débats sont riches et les idées fusent ! »

Majid Bâ parle de sa section du XVIIIe arrondissement de Paris, celle de La Chapelle-Goutte d’or, comme d’une famille.
« Tout le monde se respecte, les échanges sont tournés vers l’avenir et nous sommes plus motivés que jamais pour aller au contact des citoyens et valoriser notre vision de la société. »
Son diplôme de droit en poche, ce natif de Kaolack, au Sénégal, devient représentant commercial pour une grande marque de spiritueux à Dakar.
Mais depuis l’arrivée d’Abdoulaye Wade au pouvoir en 2000, l’instabilité politique et la situation économique préoccupante poussent le jeune homme à quitter son pays pour la France. C’était il y a six ans. Il enchaîne alors les petits boulots au noir, souvent comme agent de sécurité, un temps comme réceptionniste dans un hôtel.

Des années de grande précarité durant lesquelles ses différents patrons n’avaient pas franchement de remords à le payer très mal, et très en retard. Mais Majid ne se plaint pas et répète que le plus important pour lui était alors de travailler.

Aujourd’hui, sa situation a heureusement changé : il a obtenu un titre de séjour et cherche activement un emploi dans l’assistanat de direction. Il sait bien que les temps sont rudes, mais il reste motivé, croyant en sa volonté et en sa bonne étoile. « Et puis j’ai plus de temps pour militer», plaisante-t-il. Plus de temps aussi pour animer son groupe de réflexion donc, et « décortiquer les méthodes de la droite concernant l’immigration ». « C’est encore et toujours l’étendard électoral des conservateurs qui agitent la peur de l’étranger pour gagner des voix, dénonce-t-il. Le concept d’immigration choisie, vanté par Sarkozy est révoltant. »

Et il est déterminé à le combattre.

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