Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

Salles de consommation à moindre risque pour les usagers de drogue

Par • 21 oct, 2010 • Catégorie: L'actu des élu(e)s

Intervention de Daniel Vaillant au Conseil de Paris du mardi 19 octobre.

Monsieur le Maire de Paris,
Mesdames, Messieurs les Conseillers de Paris,
 
Dans ce débat sur les centres de consommation à moindres risques pour les usagers de drogue, je souhaite simplement vous livrer ce matin la position réaliste et ferme du maire d’arrondissement  que je suis, un arrondissement où, chacun le sait, certains quartiers sont confrontés à l’insoutenable problème sanitaire et social que pose l’usage de drogue.
 
Vous le savez, en effet, plusieurs secteurs du 18ème, comme dans d’autres arrondissements du Nord Est parisien doivent faire face, au quotidien, aux dommages personnels et collectifs liés aux usagers de drogue.
 
Notre responsabilité d’élus est de trouver des réponses à ces problèmes sanitaires et  sociaux qui sont aussi, il faut le dire, source de tension et d’insécurité dans les quartiers concernés !
 
Il convient, pour cela, d’inventer des dispositifs innovants, pour répondre avec pragmatisme, sans a priori, aux attentes des habitants et à la misère socio-sanitaire des usagers !
 
Cette proposition de centre de consommation répond selon moi à cet objectif et doit permettre de soulager les riverains, d’amener les toxicomanes vers le soin, et de renforcer pour la police la priorité de son action vers la lutte contre les trafics.
 
Tout d’abord ces centres permettraient de prévenir les dommages sanitaires qui frappent les usagers de drogues et constitueraient un moyen efficace d’atténuer les risques pour les toxicomanes en les accompagnant vers une prise en charge de soins, pour sortir de l’addiction et non pour s’y maintenir. Ils  seraient aussi le moyen de suivre ces populations à risques.
 
Ces salles de consommation auraient un autre avantage qui touche, cette fois, à l’intérêt général. Elles visent en effet à répondre aux attentes des habitants excédés par les nuisances occasionnés par certains comportements, sans parler, mais cela va de soi, de la protection contre les risques, avérés ou supposés, de contamination pour les riverains
 
Nous sommes toutes et tous ici, en tant qu’élus, saisis régulièrement par des habitants, un syndic de copropriété, une association sur une seringue laissée dans une cage d’escalier, dans un local à un vélo, ou sur les nuisances en tous genres générées par des poly-toxicomanes et la présence d’une scène ouverte.
 
Face à ces dommages le réalisme s’impose !
 
‘‘L’irresponsabilité » que certains dénoncent ici aujourd’hui est bien dans le camp de ceux qui prônent le statu-quo et donc le laxisme!
 
Il faut à la fois réprimer plus sévèrement le trafic de drogue et mener une politique de réduction des risques sanitaires : un progrès a, à ce titre été accompli, à travers les distributeurs de seringues mis en place par la droite du temps de Michèle BARZACH. A ce sujet, Monsieur Goujon, lorsque vous vous félicitez du succès de ces distributeurs, je ne vous fais pas, comme vous nous le faites, le procès de favoriser la consommation.
 
Il faut donc aujourd’hui aller plus loin. C’est le sens de l’initiative de notre municipalité au travers de ce vœu que je soutiens pleinement. Je suis donc favorable à l’expérimentation de lieux où un personnel médical qualifié conseillerait  soignerait et essaierait de dissuader les consommateurs de drogues dures. L’objectif est bien de faire baisser la consommation et non de l’encourager.
 
Cette proposition expérimentale doit être considérée comme un outil supplémentaire pour lutter contre les drogues, diminuer les risques, orienter les usagers vers les filières de soin et soulager les riverains confrontés aux nuisances liées à la toxicomanie.
 
A ce titre, je souhaite personnellement l’installation de ce type de structure dans un lieu visible, plutôt une artère traversant deux ou trois arrondissements, plutôt qu’en cœur de quartier.
 
Et pour que cette mesure soit pleinement efficace, il faut également éviter toute forme d’amalgame et de simplification du débat.
 
Cela suppose, bien sur, d’exclure les consommateurs de cannabis de ces centres. Il est clair que l’usage du cannabis en France peut et doit faire l’objet d’un traitement à part et d’une politique différente.
 
A l’autre extrême dans l’échelle des drogues, il faut aussi, je pense, exclure du champs d’action de ces centres, la plus dure et la plus dangereuse des drogues actuelles, je veux parler du crack, pour lequel des dispositifs spécifiques doivent être trouvés.
 
Vous le voyez, chers collègues, c’est donc une démarche pragmatique, raisonnée, partenariale et responsable qui m’anime sur ce sujet.
 
Face à l’usage des drogues, nous sommes aujourd’hui, dans nos quartiers, en situation de non assistance à personne en danger, et au-delà des clivages politiques, j’en appelle à un consensus responsable et humaniste.

Je vous remercie.
 
 

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