Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

Police de proximité : Lettre ouverte à Brice Hortefeux

Par • 23 avr, 2010 • Catégorie: L'actu des élu(e)s

Monsieur le Ministre,

Je fais suite à vos propos tenus dimanche 11 avril sur « i – Télé » : « on a dit non à la police de proximité telle qu’elle était : les policiers étaient transformés en espèce de socio-éducateurs sportifs ».

Je passe sur la caricature éculée et usée jusqu’à la corde : il n’est plus que quelques zélés de la garde rapprochée du Président de la République pour oser utiliser encore ce cliché de 2003.

Je veux donc démentir ici vos propos :

La police de proximité, telle qu’elle a été voulue par le Gouvernement de Lionel Jospin, et telle qu’elle a été mise en place, n’était en rien une police douce.
Il s’agissait d’une police polyvalente, opérationnelle, fidélisée, plus anticipatrice et proche, chargée de prévention, de dissuasion, d’enquêter, de réprimer et de démanteler des trafics.

Afin de parfaire vos connaissances parcellaires sur la réalité de la police de proximité, je vous invite à vous rapprocher de votre Directeur de Cabinet : il était mon Directeur Adjoint de Cabinet chargé du suivi de la mise en place de la police de proximité avec Monsieur De Charrière, le Directeur de la Sécurité Publique, aujourd’hui Directeur de Cabinet de Monsieur Besson. Leur compétence étant reconnue de tous, ils pourront aisément vous confirmer mes propos.

La sécurité n’est ni de droite ni de gauche, il n’est pas convenable d’alimenter des polémiques d’un autre âge.
L’insécurité est la première des injustices sociales : c’est à ce titre et en Républicain, que j’ai remis, à mon départ de la place Beauvau, à mon successeur Nicolas Sarkozy, le plan stratégique pour la Police Nationale.
D’ailleurs, Pierre Charon, conseiller spécial du Président, a récemment déclaré dans les colonnes de VSD que j’avais été un bon Ministre de l’Intérieur.

Je pense que sur ces sujets, essentiels pour la vie quotidienne des français, il nous faut tous tenir le langage de la vérité : vos amis ont commis une erreur en supprimant en 2003 la police de proximité par idéologie et sectarisme.
En 2008, votre prédécesseure, Madame Alliot Marie, l’a reconnu en annonçant la création d’ « unités territoriales de quartier », une police de proximité « light » qui n’arrivait pas à dire son nom.
Aujourd’hui, des élus locaux UMP réclament le retour de la police de proximité et ils ont raison.
Ecoutez les élus locaux, Monsieur le Ministre, écoutez les français qui, à plus de 64% font confiance à leurs élus locaux, quand dans le même temps ils ne croient plus en leur classe politique, ce dont aucun démocrate ne doit se réjouir.
Ce n’est pas en organisant à la hâte une nième visite médiatique et verser dans des déclarations chocs que la confiance reviendra.
Enfin, on ne peut prétendre rétablir la sécurité à laquelle les français ont droit et diminuer les effectifs policiers par milliers.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression des mes sentiments les meilleurs.

Daniel VAILLANT

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