Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

Un enfant de douze ans est mort criblé de balles à Lyon.

Par • 15 déc, 2009 • Catégorie: Coup de coeur / coup de gueule des militants

Lundi 14 décembre 2009.
Un enfant de douze ans est mort criblé de balles à Lyon.

Des jeunes lourdement armés sont passés en voiture et ont tiré sur un groupe d’autres jeunes pour se venger d’un regard ou d’une insulte. L’enfant de douze ans n’est pas mort sur une barricade. Il n’a pas été tué par la voiture d’une patrouille de police. Il n’a regardé ni insulté personne. Il était complètement  innocent. Il sortait ou entrait dans une boulangerie. Personne ne lui avait promis du pain et du sang.

Comme l’enfant n’a pas été tué par la police ou par un commerçant, les voitures n’ont pas brûlé. Les voitures brûlent quand une équipe de foot a été battue, ou a gagné, ou quand un motocycliste est heurté par une voiture de police. Quand un enfant est tué par d’autres enfants lourdement armés, les voitures ne brûlent pas.

Quand un enfant de douze ans est tué par balles par les jeunes de son quartier, la manifestation du quartier est silencieuse. Les gens défilent, tous, les parents, les commerçants, les éducateurs, les jeunes et les moins jeunes, les femmes et les hommes. Ils manifestent silencieusement et resteront silencieux. Quand un jeune est tué par la police, la manifestation n’est pas silencieuse. Les gens crient que la police est criminelle. Ils dénoncent les forces de l’ordre. Ils pointent du doigt les coupables. Ils désignent les assassins. Quand un jeune de douze ans est tué par des jeunes de son quartier ou du quartier voisin, la manifestation reste silencieuse. Personne ne désigne les assassins. La manifestation est silencieuse et restera silencieuse.

Comment reconnaît-on une société en paix ? Dans une société en paix, quand un policier tue un jeune, on téléphone à la police pour désigner l’auteur du crime ou aider à son inculpation. Dans une société en paix, quand des jeunes en bandes armés tuent un enfant de douze ans, ceux qui connaissent les assassins ne restent pas silencieux, mais téléphonent à la police pour désigner l’auteur du crime ou aider à son inculpation.

Dans les sociétés en guerre, il y a des crimes, des attentats, des mères qui pleurent et des manifestations silencieuses.

Maurice Goldring

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