Section 18ème arrondissement Chapelle Goutte d'Or

Section du parti-socialiste de Paris

Sylvie

Par • 15 déc, 2009 • Catégorie: Portraits
Sylvie Sage Agée de 61ans, Sylvie Sage est née en Algérie, d’une famille de 8 enfants. Elle arrive en France à l’âge de 15 ans. Mère d’un garçon âgé aujourd’hui de 40 ans, elle a également élevé la fille de son compagnon de l’époque.
Une vie professionnelle bien remplie : haute couture, musique, gestion, CNPF, Europe 1, à la retraite aujourd’hui, Sylvie est une militante active et chevronnée qui se passionne aussi pour l’art, les livres, le cinéma, les chevaux et les courses professionnelles.

Te rappelles-tu du jour où tu as adhéré au parti socialiste?

J’ai voté toute ma vie d’électrice pour le PS et sympathisante en 1981 ensuite j’adhère au parti socialiste en 2001 aux Municipales à cause d’une femme : Annick Lepetit et d’un futur maire : Bertrand Delanoë. Une chance de les avoir suivis dans les campagnes. A la suite d’un déménagement, j’ai intégré la section CGO, où je suis toujours.

Racontes-nous ton parcours politique.

C’est, très tôt, dans une Algérie déchirée par une guerre que nul ne voulait considérer comme telle, que je me souviens avoir pris conscience de la nécessité de s’engager. J’avais 14 ans et ne comprenais pas comment un homme comme De Gaulle pouvait tolérer cela. Un million de morts pour rien: des tortures, des attentats et la folie de tuer. Mon prof d’histoire nous racontait l’occupation allemande et leurs horreurs, la résistance et De Gaulle, le libérateur. Il nous apprenait aussi qu’un pays aspire et réussit toujours à obtenir son indépendance, c’est une loi immuable. Il nous disait aussi que cette guerre était un grand malheur pour les Algériens et une honte pour la France. Je pense en avoir gardé un grand sentiment de culpabilité qui a dû jouer un grand rôle dans mon engagement futur. En 1962, je suis rentrée en France avec ma famille et cela a été un déchirement. Sur l’Ile de Ré, nous étions à l’écart de tout. En revanche, j’ai effectué mes études secondaires à La Rochelle, et là, j’ai eu une prof de Philo en or. Elle m’a ouvert les yeux, les oreilles et le goût de la lecture. Il est vrai qu’étant interne, j’avais tout le loisir de bouquiner. Elle m’a parlé des « porteurs de valises » et pour moi, ces porteurs de valises étaient des héros (Ndlr: les “porteurs de valises” étaient des français qui aidaient le FLN algérien).

J’en entendrai parler plus tard, en 1968, et c’est à cause d’un de ces « porteurs de valises », que j’ai adhéré au Parti Communiste en 1975. J’y suis restée très peu de temps. Ce parti n’était pas assez féministe à l’époque, à mon goût. En revanche j’avais goûté au militantisme.

Pourquoi selon toi, il est important de militer dans un parti?

C’est certainement pour moi, le sentiment de culpabilité que j’ai ressenti très jeune qui m’a poussé à essayer d’agir sur le terrain et à me trouver parmi les plus justes. Il n’y a pas de progrès social sans la gauche, et le PS est le parti qui réunit le plus de critères pour la prise en charge des affaires du pays. C’est avec des petites gouttes d’eau qu’on fait les grandes rivières. Déjà, en 1981, nous l’avions expérimenté.

Quelles sont tes engagements et actions politiques en tant que militante?

Les actions politiques sont toutes nobles, y compris les plus minimes. Dans notre section, nous avons beaucoup de chance : nous partageons nos aspirations avec des personnalités que j’affectionne et que je respecte. Alors pas de limite pour les campagnes, je m’engage à fond : le terrain, les petits travaux, être utile, participer et partager.

Enfin, si tu avais une anecdote à nous raconter, ce serait laquelle?

Vous savez, à chaque campagne, certains militants ont du mal à se mobiliser en particulier le week-end et tôt le matin. En revanche, ils sont présents chaque fois qu’un de nos leaders annonce sa venue. Un dimanche, en 2001, Bertrand Delanoë était attendu sur le marché. Son agenda étant publié sur internet, les militants en question sont arrivés comme d’habitude les mains vides, et se sont emparés des tracts que nous étions en train de distribuer, attendant fébrilement l’arrivée de notre Maire qui avait, lui, changé le lieu de rencontre ( en fait, nous avions monté ce canular avec une certaine complicité toujours bien en place !!!! ). Ils sont rentrés chez eux très déçus.

Propos recueillis par Majid Ba

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